Actus FNAS

Chambre de veille :
nous avions raison !

la Cour de cassation se penche sur le respect de l’amplitude journalière maximale du temps de travail
- 19 octobre 2009

Dans un arrêt du 23 septembre dernier, la Cour de cassation a confirmé quatre jugements d’un conseil de prud’hommes condamnant une APEI (Association de parents et amis d’enfants inadaptés) au paiement de dommages-intérêts pour manquement à ses obligations conventionnelles en matière de durée du travail.


Le litige avait été porté devant la juridiction prud’homale par quatre de ses salariées, qui travaillaient de nuit en chambre de veille et étaient rémunérées sur la base de l’horaire d’équivalence institué par la convention collective des établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées du 15 mars 1966 (selon laquelle neuf heures de surveillance équivalent à trois heures de travail).

Pour les salariées, la durée du travail effectuée en chambre de veille, avec un décompte de trois heures de travail effectif au lieu de neuf, engendre un dépassement de la durée légale du travail en termes d’amplitude journalière du temps de travail et restreint le temps de repos quotidien entre deux jours de travail.

Ce qu’a contesté leur employeur devant la Cour de cassation, arguant du fait qu’il découle de la jurisprudence de la Cour de justice des communautés européennes que « le système d’équivalence pour les heures de veille [...] ne trouve pas à s’appliquer aux durées maximales fixées par le droit national » mais seulement à celles fixées par la directive communautaire n° 93/104 du 23 novembre 1993 concernant certains aspects de l’aménagement du temps de travail.

Il a donc attaqué le jugement du conseil de prud’hommes, mais n’a pas obtenu gain de cause devant la Cour de cassation.

Pour fonder sa décision, la Haute Juridiction a fait valoir que « le seuil communautaire [...] fixant à 11 heures consécutives la période minimale du repos journalier se traduit en droit interne par l’interdiction de dépasser l’amplitude journalière de 13 heures, celle-ci étant définie comme le temps séparant la prise de poste de sa fin ».

Une précision à l’adresse de l’employeur qui, dans son pourvoi, a soutenu que l’amplitude journalière du temps de travail devait se calculer « sur la période de 0 à 24 heures ».

Selon lui, les juges du fond ont méconnu les dispositions du code du travail sur le repos quotidien des travailleurs en retenant, pour lui imputer un dépassement de la durée légale du travail, que « l’amplitude journalière doit s’apprécier de la prise de poste mettant fin au repos journalier au début du repos journalier suivant ».

Pour la Cour de cassation, le conseil de prud’hommes a bien fait de retenir que des dépassements de l’amplitude étaient établis après « avoir comptabilisé à bon droit en tant que temps de travail effectif l’intégralité des heures de permanences nocturnes en chambre de veille accomplies par les salariées ».

Cass. soc, 23 septembre 2009, arrêt n° 1885 FS-P + B
Ils ont Licencié Plus
-  Dans la rubrique « Flanquez-moi tout ça à la porte », signalons quelques remarquables exemples de « réductions d’effectifs », toujours entre 2002 et 2006 : Alcatel Lucent : 50 %, Air Liquide SA : 48,7 %, Total SA : 29,50 %, Arcelor Mittal : 28,60 %, Essilor Intl : 24,80 %, etc. Ce sera autant de cotisations en moins pour la Sécu, donc pour notre santé et nos retraites.

Ils Ont Gagné Plus
-  Rassemblant 1 508 437 salariés, les entreprises du CAC 40 ont réalisé en 2006, des profits s’élevant à 95.742 millions d’euros, soit une augmentation de 1 494,10% entre 2002 et 2006. Relevons, dans ce brillant palmarès, Total SA : 12 590 000 € (+111,9%), BNP-Paribas : 7 308 000 € (+158,20%), Sanofi-Aventis SA : 7 040 000 € (+93,70%), EDF : 5 605 000 € (+1 065,30%), Arcelor Mittal : 6 349 000 € (+2 370,40%), etc.

Emploi : Miracle ou Mirage ?
-  Le chômage baisse pourtant… l’emploi ne va pas mieux ! C’est avec cette formule que notre Confédération a commenté les améliorations statistiques des chiffres de l’emploi dont se targue les pouvoirs publics. La conjoncture résulte essentiellement de la courbe démographique annoncée depuis quelques temps déjà.

Budget des salariés
-  Dans une étude sur la consommation des ménages en 2005, parue le 4 août, l’INSEE constate que les ménages français consacrent une part de plus en plus importante de leur budget au poste logement (24,7%), du fait de la hausse des loyers et de la diminution des aides publiques, et aux transports (14,9%). Il est à noter également, selon l'INSEE, que la consommation des ménages en volume a augmenté de 2,1% en 2005,tandis que leur pouvoir d’achat n’a progressé que de 1,1%, et que la hausse des prix s’est stabilisée à + 2 %.

Chômage et emploi
-  Depuis plusieurs mois l’annonce et la publication des chiffres du chômage provoquent, de la part du gouvernement, une communication euphorique, pas toujours en adéquation avec la réalité. Certes, la « cosmétique statistique » des chiffres est un artefact bien tentant pour ceux qui gouvernent. En fait, la baisse des chiffres du chômage résulte plus, des radiations multipliées et des effets de l’évolution démographique (150000 départs en retraite de plus qu’en 2004 et plus de 100000 emplois aidés supplémentaires) que d’une véritable reprise économique.

Très chère électricité
-  L’entreprise EDF, en dépit de résultats financiers mirobolants, persiste à augmenter sans cesse, ses tarifs. Tout le monde s'est pourtant indigné de l'extraordinaire augmentation du prix de l'électricité, sur le marché libre et donc spéculatif. Tout le monde, sauf le patron actuel d'EDF, Pierre Gadonneix. Lequel n'a pas craint de déclarer, pour s'en féliciter : "Peu à peu, les tarifs d'électricité réglementés par les pouvoirs publics vont se rapprocher des prix du marché". Comprenons qu'ils vont flamber, eux aussi ... Ouf, on a failli être contents !

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