Pour la première fois depuis la réforme de la représentativité de 2003, un accord interprofessionnel est annulé pour cause de « veto » de la part de trois confédérations syndicales. Le point d’achoppement est un avenant à l’accord sur la modernisation du marché du travail conclu le 11 janvier 2008, et à celui sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), du 14 novembre 2008, sur les dispositions relatives à la mise en œuvre du bilan d’étape professionnel.
NDLR :Comme quoi, malgré les pressions, on peut résister au n’importe quoi. C’est le signe aussi, que la précipitation n’est pas bonne conseillère et, comme c’est le cas avec la réforme de la Formation Professionnelle qui est renvoyée à plus tard, le législateur ne peut aller plus vite que la musique...
Négocié le 3 mars dernier, signé par le patronat ainsi que par la CFDT et la CFE-CGC, cet avenant a cependant été bloqué par la CGT, la CFTC et FO. En effet, l’opposition de trois confédérations nationales représentatives sur cinq permet de rendre l’accord nul et non avenu.
NDLR :Voilà qui est clair, mais à moyen terme, avec la position commune et les nouvelles représentativités deviendra plus difficile.
« Nous avions exprimé nos réserves durant la négociation, nous a expliqué Djamel Teskouk, conseiller confédéral chargé des questions de formation (CGT), mais nous n’avions pas été entendus par les syndicats patronaux. » En effet, la CGT craint que l’avenant n’instaure le bilan d’étape professionnel (BEP) comme passage obligé à l’accès au congé pour bilan de compétences, mais également que ce soit le supérieur hiérarchique, et non un tiers, qui effectue le BEP.
NDLR :S’il fallait argumenter à nouveau, contre la mise en place des systèmes d’évaluations, on se retrouve dans les propos du conseiller fédéral de la CGT. Même en sécurisant au maximum les dispositifs d’évaluations, tout ce qui peut s’effectuer en interne et sujet à caution.
Du côté du patronat, le regret prime : « C’est un vrai gâchis, a déclaré Jean-François Veysset (vice-président de la CGPME, en charge des affaires sociales).
Christian Janin, secrétaire confédéral responsable du service Emploi-Sécurisation des parcours professionnels à la CFDT, quant à lui, a qualifié la situation de « regrettable » : « L’avenant paraissait être un compromis et avait l’avantage de ne pas coûter trop cher, ce qui ne sera peut-être pas le cas si le souhait de F-O d’externaliser la prestation l’emportait », a-t-il prévenu.
NDLR :Voilà un point sur lequel il sera difficile d’être d’accord avec la Cfdt, c’est d’évaluer l’impact financier pour l’entreprise, de l’avenant. Que cette approche soit celle des employeurs...mais de syndicalistes ?
(Ah ! cogestion quand tu nous tiens...).