Actus FNAS

L’Epargne Salariale :
Perdant-Perdants ?

- 25 mars 2009

Les mauvaises nouvelles financières et boursières annoncées à longueur de colonne dans la presse, auraient conduit les salariés contributeurs à l’épargne salariale, à fortement réduire l’an passé, leurs placements et versements.

Se prenant pour des voyants, pseudos conseillers fiscaux et fameux experts dans la chose, trouvent dans la méfiance qui serait née des défaillances (enfin avouées) des grandes banques anglo-saxonnes, de la révélation de l’escroquerie Madoff (suivies de plusieurs autres moins médiatisées parce qu’il ne faut pas effrayer le client), de la dégringolade de la Bourse, l’explication des moindres placements qui ont été constatés en 2008.

Mais comme par hasard, ces apôtres du capitalisme boursier avec lequel ils gagnent leur ordinaire, passent sous silence la stagnation continue des salaires et autres compléments de rémunérations qui bien évidemment, n’ont pu manquer de produire massivement leurs effets.

Pour le baromètre annuel Natixis Interépargne, le nombre de salariés ayant placé leur participation ou leur intéressement, ou effectué un versement volontaire sur leur plan d’épargne entreprise (PEE) a diminué de 7,6 % l’année passée.

Quant aux plans d’épargne retraite collectifs (Perco), qui permettent de se constituer une future retraite, ils ont également enregistré, en 2008, des versements bien moindres qu’attendu.

Il faut savoir que selon l’indice publié fin janvier par l’Association française de gestion financière, les fonds en actions ou ceux qui permettent aux salariés d’investir dans les actions de leur propre entreprise, ont vu leur rendement sur un an dégringoler de 32,81 %.

Du coup, en pleine défiance, incapables de redresser ces pitoyables résultats, alors qu’ils doivent répondre aux victimes du casino boursier (sachant que l’argent n’a pas été perdu pour tout le monde), les entreprises qui ont fait de la participation et de l’intéressement un élément de rémunération à part entière (plus de 15 milliards d’euros distribués en 2006), seraient contraintes de revoir leur stratégie.

Et c’est ainsi que d’aucuns vont (enfin) redécouvrir toutes les vertus des revendications à satisfaire pour l’augmentation des salaires, car ce qui est pris est pris.

Alors, Camarades "Trader-Victims", Bienvenue au Club ?


Il n’est pas inutile de rappeler ici que l’agence d’information économique américaine Bloomberg, a évalué à 1.000 Milliards de dollars fin décembre 2008, les pertes constatées par les fonds de pension des USA. A titre d’exemple, le fonds de pension de la Chicago Transit Authority, 2ème entreprise de transport en Amérique du Nord, ne pourrait plus payer ses retraités, au-delà de 2013.

Alors, souhaitons longues vies à notre système par répartition d’Assurance vieillesse et à notre Sécurité sociale !

Ils ont Licencié Plus
-  Dans la rubrique « Flanquez-moi tout ça à la porte », signalons quelques remarquables exemples de « réductions d’effectifs », toujours entre 2002 et 2006 : Alcatel Lucent : 50 %, Air Liquide SA : 48,7 %, Total SA : 29,50 %, Arcelor Mittal : 28,60 %, Essilor Intl : 24,80 %, etc. Ce sera autant de cotisations en moins pour la Sécu, donc pour notre santé et nos retraites.

Ils Ont Gagné Plus
-  Rassemblant 1 508 437 salariés, les entreprises du CAC 40 ont réalisé en 2006, des profits s’élevant à 95.742 millions d’euros, soit une augmentation de 1 494,10% entre 2002 et 2006. Relevons, dans ce brillant palmarès, Total SA : 12 590 000 € (+111,9%), BNP-Paribas : 7 308 000 € (+158,20%), Sanofi-Aventis SA : 7 040 000 € (+93,70%), EDF : 5 605 000 € (+1 065,30%), Arcelor Mittal : 6 349 000 € (+2 370,40%), etc.

Emploi : Miracle ou Mirage ?
-  Le chômage baisse pourtant… l’emploi ne va pas mieux ! C’est avec cette formule que notre Confédération a commenté les améliorations statistiques des chiffres de l’emploi dont se targue les pouvoirs publics. La conjoncture résulte essentiellement de la courbe démographique annoncée depuis quelques temps déjà.

Budget des salariés
-  Dans une étude sur la consommation des ménages en 2005, parue le 4 août, l’INSEE constate que les ménages français consacrent une part de plus en plus importante de leur budget au poste logement (24,7%), du fait de la hausse des loyers et de la diminution des aides publiques, et aux transports (14,9%). Il est à noter également, selon l'INSEE, que la consommation des ménages en volume a augmenté de 2,1% en 2005,tandis que leur pouvoir d’achat n’a progressé que de 1,1%, et que la hausse des prix s’est stabilisée à + 2 %.

Chômage et emploi
-  Depuis plusieurs mois l’annonce et la publication des chiffres du chômage provoquent, de la part du gouvernement, une communication euphorique, pas toujours en adéquation avec la réalité. Certes, la « cosmétique statistique » des chiffres est un artefact bien tentant pour ceux qui gouvernent. En fait, la baisse des chiffres du chômage résulte plus, des radiations multipliées et des effets de l’évolution démographique (150000 départs en retraite de plus qu’en 2004 et plus de 100000 emplois aidés supplémentaires) que d’une véritable reprise économique.

Très chère électricité
-  L’entreprise EDF, en dépit de résultats financiers mirobolants, persiste à augmenter sans cesse, ses tarifs. Tout le monde s'est pourtant indigné de l'extraordinaire augmentation du prix de l'électricité, sur le marché libre et donc spéculatif. Tout le monde, sauf le patron actuel d'EDF, Pierre Gadonneix. Lequel n'a pas craint de déclarer, pour s'en féliciter : "Peu à peu, les tarifs d'électricité réglementés par les pouvoirs publics vont se rapprocher des prix du marché". Comprenons qu'ils vont flamber, eux aussi ... Ouf, on a failli être contents !

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