Beaucoup nous interrogent pour savoir comment FORCE OUVRIERE évalue la révision générale des politiques publiques, cette R.G.P.P qui n’est rien moins que la réorganisation totale de l’administration territoriale de l’Etat.
Si pour le gouvernement celle-ci a pour objectif de rendre l’organisation départementale et régionale plus lisible, soi-disant plus adaptée à la réponse à apporter aux besoins prioritaires de la population, pour F-O, n’est la RGPP rien d’autre que que l’arme de destruction massive du service public républicain.
Car, elle organise la réduction des effectifs et des moyens : 36.000 suppressions en 2009 et le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Cela ne laissent aucun doute sur la volonté gouvernementale d’utiliser la RGPP pour réduire la présence de l’État et laisser le privé lucratif envahir les espaces publics volontairement laissés en friche.
Pae exemple, la circulaire du 1er Ministre du 07 juillet 2008 a été pensée et rédigée avec le double objectif :
Réduire le nombre et la taille des services publics de l’Etat ;
Amorcer la suppression du département en le transformant en sous-préfecture de Région puisque selon des déclarations officielles, « le gouvernement pourra plus facilement s’appuyer sur 21 Préfets que sur 100 » !
Demain, pour un Ministère, le niveau déconcentré s’arrêtera à la Région (et la région, pour nombre d’entre nous, c’est loin) et il n’y aura plus de lien direct entre un Ministère et son administration départementale.
En conséquence, y compris compte-tenu des soi-disant contraintes budgétaires, il est à craindre un transfert du public vers le privé, à commencer par les services de l’Etat qui ont des compétences techniques.
Comment peut on en effet accepter des directions départementales sans vraies compétences, sans délégation de responsabilités, sans continuité sur tout le territoire.
Cela ne simplifiera vraiment pas la vie des citoyens.
Le service public de proximité auquel sont attachés les citoyens et les élus locaux est menacé, les missions d’aide aux collectivités territoriales vont disparaître.
Ainsi, l’implantation de services dans les communes et les cantons vont se réduire comme peau de chagrin et ce ne sont pas » les maisons de service public », les « points d’accueil, etc.,... » qui maintiendront les principes républicains d’égalité d’accès aux services publics, sur tout le territoire.
L’annonce d’une réforme de la taxe professionnelle liée à la refonte des niveaux territoriaux rentre aussi dans ce cadre.
Pourtant, la majorité des Français juge nécessaire de garder des services publics à proximité des usagers sur l’ensemble du territoire, ce qui acte parfaitement l’attachement des citoyens aux principes républicains et à leur traduction concrète.
Force Ouvrière dénonce cette RGPP qui sera synonyme, à l’échelon départemental, d’une part, d’un vaste plan social déguisé pour les agents de tous les services de l’Etat, sous forme de mobilités forcées et d’incitations déguisées au départ, et d’autre part d’un mouvement fort de désertification territoriale ,après les restructurations et délocalisations d’entreprises, la carte judiciaire,militaire,l’amorce de la privatisation de la Poste, la fin du moratoire sur le maintien des services publics en milieu rural ,....
Force Ouvrière exige que les commission paritaires existantes (CTP) soient totalement informées du processus, des propositions d’organisation territoriale, de leurs moyens humains, etc...., et que le dialogue social se fasse en plein jour, avec les organisations syndicales représentatives du Personnel et dans les instances paritaires (et non à l’aide de « groupes miroirs » ou d’échantillons choisis de Personnels, ou de sondages ou entretiens personnalisés).
Force Ouvrière informera les citoyens de e qui se passera, tout comme les élus locaux, les personnels de l’Etat et plus largement l’ensemble des salariés car l’attachement de F-O au service public n’est pas une formule choisie pour la circonstance.
Le service public fait partie de notre culture d’autant que la demande sociale des citoyens et donc des salariés suscite toujours le besoin d’interventions publiques.
L’Etat ne peut tout faire, certes, mais rien n’interdit, au contraire, d’améliorer le cadre d’action des services publics.
Or, la RGPP ne va pas dans ce sens et aura, à très court terme, pour conséquence la disparition pure et simple des services publics et donc des valeurs républicaines.
Pour Force Ouvrière, on ne joue pas avec la République et ses principes, et ce en catimini des citoyens.
Il nous apparaît donc pour le moins essentiel, qu’avant toute décision, un vrai débat ait lieu sur le rôle, la place et les missions du service public dans la république, ce qui doit conditionner toute réforme de l’Etat.