Actus FNAS

L’Arme de la RGPP Contre
les Citoyens de la République

- 13 octobre 2008

Beaucoup nous interrogent pour savoir comment FORCE OUVRIERE évalue la révision générale des politiques publiques, cette R.G.P.P qui n’est rien moins que la réorganisation totale de l’administration territoriale de l’Etat.

Si pour le gouvernement celle-ci a pour objectif de rendre l’organisation départementale et régionale plus lisible, soi-disant plus adaptée à la réponse à apporter aux besoins prioritaires de la population, pour F-O, n’est la RGPP rien d’autre que que l’arme de destruction massive du service public républicain.

Car, elle organise la réduction des effectifs et des moyens : 36.000 suppressions en 2009 et le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Cela ne laissent aucun doute sur la volonté gouvernementale d’utiliser la RGPP pour réduire la présence de l’État et laisser le privé lucratif envahir les espaces publics volontairement laissés en friche.

Pae exemple, la circulaire du 1er Ministre du 07 juillet 2008 a été pensée et rédigée avec le double objectif :
-  Réduire le nombre et la taille des services publics de l’Etat ;
-  Amorcer la suppression du département en le transformant en sous-préfecture de Région puisque selon des déclarations officielles, « le gouvernement pourra plus facilement s’appuyer sur 21 Préfets que sur 100 » !

Demain, pour un Ministère, le niveau déconcentré s’arrêtera à la Région (et la région, pour nombre d’entre nous, c’est loin) et il n’y aura plus de lien direct entre un Ministère et son administration départementale.

En conséquence, y compris compte-tenu des soi-disant contraintes budgétaires, il est à craindre un transfert du public vers le privé, à commencer par les services de l’Etat qui ont des compétences techniques.

Comment peut on en effet accepter des directions départementales sans vraies compétences, sans délégation de responsabilités, sans continuité sur tout le territoire.

Cela ne simplifiera vraiment pas la vie des citoyens.

Le service public de proximité auquel sont attachés les citoyens et les élus locaux est menacé, les missions d’aide aux collectivités territoriales vont disparaître.

Ainsi, l’implantation de services dans les communes et les cantons vont se réduire comme peau de chagrin et ce ne sont pas » les maisons de service public », les « points d’accueil, etc.,... » qui maintiendront les principes républicains d’égalité d’accès aux services publics, sur tout le territoire.

L’annonce d’une réforme de la taxe professionnelle liée à la refonte des niveaux territoriaux rentre aussi dans ce cadre.

Pourtant, la majorité des Français juge nécessaire de garder des services publics à proximité des usagers sur l’ensemble du territoire, ce qui acte parfaitement l’attachement des citoyens aux principes républicains et à leur traduction concrète.

Force Ouvrière dénonce cette RGPP qui sera synonyme, à l’échelon départemental, d’une part, d’un vaste plan social déguisé pour les agents de tous les services de l’Etat, sous forme de mobilités forcées et d’incitations déguisées au départ, et d’autre part d’un mouvement fort de désertification territoriale ,après les restructurations et délocalisations d’entreprises, la carte judiciaire,militaire,l’amorce de la privatisation de la Poste, la fin du moratoire sur le maintien des services publics en milieu rural ,....

Force Ouvrière exige que les commission paritaires existantes (CTP) soient totalement informées du processus, des propositions d’organisation territoriale, de leurs moyens humains, etc...., et que le dialogue social se fasse en plein jour, avec les organisations syndicales représentatives du Personnel et dans les instances paritaires (et non à l’aide de « groupes miroirs » ou d’échantillons choisis de Personnels, ou de sondages ou entretiens personnalisés).

Force Ouvrière informera les citoyens de e qui se passera, tout comme les élus locaux, les personnels de l’Etat et plus largement l’ensemble des salariés car l’attachement de F-O au service public n’est pas une formule choisie pour la circonstance.

Le service public fait partie de notre culture d’autant que la demande sociale des citoyens et donc des salariés suscite toujours le besoin d’interventions publiques.

L’Etat ne peut tout faire, certes, mais rien n’interdit, au contraire, d’améliorer le cadre d’action des services publics.

Or, la RGPP ne va pas dans ce sens et aura, à très court terme, pour conséquence la disparition pure et simple des services publics et donc des valeurs républicaines.

Pour Force Ouvrière, on ne joue pas avec la République et ses principes, et ce en catimini des citoyens.

Il nous apparaît donc pour le moins essentiel, qu’avant toute décision, un vrai débat ait lieu sur le rôle, la place et les missions du service public dans la république, ce qui doit conditionner toute réforme de l’Etat.


Ils ont Licencié Plus
-  Dans la rubrique « Flanquez-moi tout ça à la porte », signalons quelques remarquables exemples de « réductions d’effectifs », toujours entre 2002 et 2006 : Alcatel Lucent : 50 %, Air Liquide SA : 48,7 %, Total SA : 29,50 %, Arcelor Mittal : 28,60 %, Essilor Intl : 24,80 %, etc. Ce sera autant de cotisations en moins pour la Sécu, donc pour notre santé et nos retraites.

Ils Ont Gagné Plus
-  Rassemblant 1 508 437 salariés, les entreprises du CAC 40 ont réalisé en 2006, des profits s’élevant à 95.742 millions d’euros, soit une augmentation de 1 494,10% entre 2002 et 2006. Relevons, dans ce brillant palmarès, Total SA : 12 590 000 € (+111,9%), BNP-Paribas : 7 308 000 € (+158,20%), Sanofi-Aventis SA : 7 040 000 € (+93,70%), EDF : 5 605 000 € (+1 065,30%), Arcelor Mittal : 6 349 000 € (+2 370,40%), etc.

Emploi : Miracle ou Mirage ?
-  Le chômage baisse pourtant… l’emploi ne va pas mieux ! C’est avec cette formule que notre Confédération a commenté les améliorations statistiques des chiffres de l’emploi dont se targue les pouvoirs publics. La conjoncture résulte essentiellement de la courbe démographique annoncée depuis quelques temps déjà.

Budget des salariés
-  Dans une étude sur la consommation des ménages en 2005, parue le 4 août, l’INSEE constate que les ménages français consacrent une part de plus en plus importante de leur budget au poste logement (24,7%), du fait de la hausse des loyers et de la diminution des aides publiques, et aux transports (14,9%). Il est à noter également, selon l'INSEE, que la consommation des ménages en volume a augmenté de 2,1% en 2005,tandis que leur pouvoir d’achat n’a progressé que de 1,1%, et que la hausse des prix s’est stabilisée à + 2 %.

Chômage et emploi
-  Depuis plusieurs mois l’annonce et la publication des chiffres du chômage provoquent, de la part du gouvernement, une communication euphorique, pas toujours en adéquation avec la réalité. Certes, la « cosmétique statistique » des chiffres est un artefact bien tentant pour ceux qui gouvernent. En fait, la baisse des chiffres du chômage résulte plus, des radiations multipliées et des effets de l’évolution démographique (150000 départs en retraite de plus qu’en 2004 et plus de 100000 emplois aidés supplémentaires) que d’une véritable reprise économique.

Très chère électricité
-  L’entreprise EDF, en dépit de résultats financiers mirobolants, persiste à augmenter sans cesse, ses tarifs. Tout le monde s'est pourtant indigné de l'extraordinaire augmentation du prix de l'électricité, sur le marché libre et donc spéculatif. Tout le monde, sauf le patron actuel d'EDF, Pierre Gadonneix. Lequel n'a pas craint de déclarer, pour s'en féliciter : "Peu à peu, les tarifs d'électricité réglementés par les pouvoirs publics vont se rapprocher des prix du marché". Comprenons qu'ils vont flamber, eux aussi ... Ouf, on a failli être contents !

Dessins d’Actualités