L’indexation du Smic qui permet annuellement d’augmenter automatiquement (depuis 1970) au 1er juillet, les salariés les moins bien payés pour tenir compte de l’inflation et du pouvoir d’achat ouvrier, est aujourd’hui mise en cause par le gouvernement, sous la forte pression du patronat qui prétexte "les réalités de la compétition mondiale".
L’enjeu concerne plus de deux millions de salariés payés à ce salaire minimum, dont près d’un million travaillent à temps partiel, et gagnent donc moins de 1.000 euros net par mois. Pour eux, l’indexation est la meilleure garantie de maintien de leur pouvoir d’achat.
Exigée par le Medef et ses consorts qui affirment que le Smic a trop augmenté ces dernières années, une réforme de l’indexation du Smic a été examinée par le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE).
Rappelons pourtant qu’en juillet 2007, le Smic (calculé actuellement sur une base horaire) a été réajusté de 2,1 %, le gouvernement refusant tout coup de pouce supplémentaire.
Signalons pareillement que, selon le Centre d’études de l’emploi (CEE) qui contredit les tenants intéressés d’une certaine désinformation, la hausse du Smic horaire brut de 1999 à 2006, destinée à compenser le passage aux 35 heures, n’a eu que "très peu d’effet" sur le coût du travail, du fait de la très importante réduction des cotisations sociales des employeurs.
La cinquantaine d’élus, syndicalistes, représentants patronaux, experts qui siègent dans ce conseil installé auprès de Matignon ont donc été saisis, il y a près de 2 mois, par le ministre du Travail et celle de l’Économie, des Finances et de l’Emploi.
Ils ont dû compter avec le Medef de Mme Parisot qui réclame que :
la revalorisation du Smic soit décidée par une commission indépendante,
le Smic soit annualisé afin que son calcul tienne compte des primes, indemnités, 13ème mois, etc.
La réponse du Conseil d’Orientation pour l’Emploi à ces prétentions, nous est arrivée ce 8 février.
Communiqué Force Ouvrière du 08/02/2008
Revalorisation du SMIC au 1er janvier :
La revendication Force Ouvrière a été entendue par le Conseil d’Orientation pour l’Emploi, lequel a rendu son avis suite à une saisine gouvernementale du 20 décembre relatif à la dynamisation des négociations salariales et à la revalorisation du SMIC.
A travers cet avis, le COE a confirmé le principe d’unicité du SMIC et rejeté l’idée de sa régionalisation ou de différenciation par secteur d’activité.
La Cgt F-O est satisfaite de la position du Conseil qui réaffirme que le SMIC doit demeurer un salaire minimum et qui considère que l’écrasement des grilles de salaires n’est pas satisfaisant.
Le COE se prononce également en faveur du changement de la date de revalorisation du SMIC, reprenant ainsi une revendication de la Cgt F-O.
Les négociations de branche et d’entreprises pourraient dès lors s’ouvrir en ayant connaissance du niveau de revalorisation du salaire minimum.
Reste encore à faire valoir notre revendication d’instaurer des clauses de rendez-vous automatique dans les branches après toute hausse du SMIC.
S’agissant de la création d’une commission consultative d’experts chargée de donner son avis sur le niveau souhaitable, la Cgt F-O sera attentive à la composition de cette commission et à son mode de désignation, ces éléments étant le gage de l’indépendance de ses avis.
La Confédération a rappelé que la responsabilité de fixer le niveau de revalorisation du SMIC doit demeurer une prérogative des pouvoirs publics même en présence de cette commission et estime que les éléments de revalorisation actuels ne doivent pas être modifiés, ce que valide le Conseil.
Enfin, Force Ouvrière souscrit également pleinement à la position du Conseil d’amputer les allègements de charges patronales en cas d’absence d’accord de salaire d’entreprise ou de branche de moins de deux ans, même si le niveau de la sanction ne nous apparaît pas très dissuasif et ne règle pas la question de l’existence toujours possible (même si limitée dans la durée) de minima de branches inférieurs au SMIC.