Avec des salaires qui stagnent et un pouvoir d’achat qui régresse de plus en plus, les travailleurs européens demandent comme nous, que leurs salaires revalorisés.
Il paraitrait que ces revendications affoleraient la Banque centrale européenne. Pourtant, il n’y a pas de quoi.
Car de quoi vit la BCE, sinon des contributions des pays de l’U-E, donc des contribuables que sont en majorité, les salariés et ceux qui l’ont été. Elle leur est redevable.
Et est-elle dès lors légitimée à vouloir ignorer la main qui la nourrit, voire même à nuire à ceux qu’elle est sensée servir.
Car à moins que nous ayons loupé un épisode, elle na pas été conçue pour se comporter en électron libre ni pour aider les intérêts de ceux qu’elle choisirait et pour nuire aux autres que nous sommes.
Il est d’ailleurs de plus en plus critiquable que nombre de haut-responsables, fréquemment non-élus et ne rendant pas compte à la population européenne, s’émancipent de toute tutelle, autorité, responsabilité ...
Au bout du bout, cela pose toujours un gros problème et alimente le mécontentement général.
Il en va également ainsi de la question de l’absence de hausse des salaires, pensions et prestations.
Certes, les constituants des revendications diffèrent un peu d’un pays à l’autre, mais ce sont les mêmes doléances qui se retrouvent : compenser l’envolée des prix de l’énergie, du carburant et des denrées alimentaires, les salaires insuffisants, la hausse des prix immobiliers, ...
Comme autour de nous, la question du pouvoir d’achat est au centre des préoccupations des Français, et le P-R l’avait bien identifié puisqu’il l’avait placé au cœur de sa campagne électorale. Mais c’était avant de subir une amnésie qui aurait même inquiété Alfred Alzheimer.
Si en France, nous avons toujours en tête les dernières grèves et manifestations du 24 février, lesquelles ont rencontré le succès bien au-delà de la fonction publique, pendant le même temps, en Allemagne, les syndicats des services Verdi et de la métallurgie IG Metall, continuent de réclamer des hausses de salaires de + 8 %.
Les organisations italiennes ont aussi engagé un bras de fer avec le gouvernement pour des relèvements de salaires et un allègement de la pression fiscale, problèmes qui ne sont pas étrangers aux difficultés que connait l’ex-chef de la commission européenne M. R. Prodi, lequel aurait promis avant d’être renversé, de répondre à l’exigence majoritaire.
En Espagne, le chef du gouvernement socialiste sortant M. Zapatero a déjà promis une hausse du salaire minimum à 800 euros d’ici 2012 (600 actuellement), mais bien entendu ... s’il est réélu ... en 2008.
En Irlande, les syndicats veulent aussi des augmentations conséquentes pour compenser une forte inflation.
Et à tout cela que répond le vieux patron de la BCE ? Eh bien au prétexte de vouloir éviter un dérapage des prix et une bulle inflationniste, il bloque tout et crie partout qu’il a peur pour sa cassette.
Si l’on peut comprendre qu’une augmentation générale, par exemple de 170 %, pourrait déboucher sur une inflation durable, on se dit qu’avec celle qui serait déjà constatée (3,1 % en décembre), tandis que notre pouvoir d’achat régresse déjà, que l’augmentation ne nous ferait pas craindre grand chose.
"La BCE ne tolèrera pas de spirale inflation/salaires" dans les quinze pays de la zone euro, a éructé son président M. Trichet, allant jusqu’à menacer de menaçant de relever les taux directeurs s’il le faut. On tremble.
Ce discours inquiétant convient bien entendu au patronat.
Mais alors pourquoi n’ont-ils pas fait état des mêmes inquiétudes lorsque plus tôt, L’Élysée et Matignon haussait vertigineusement avec la loi sur le bouclier fiscal puis de ses déclinaisons, le pouvoir d’achat des déjà riches.
En fait, les employeurs disposent bien des moyens nécessaires pour accorder des augmentations, puisque nombre d’entre eux disent en douce qu’une hausse de 3 à 3,2 % en moyenne ne présenterait pas de danger pour une inflation.
Et pour M. J-F Jamet, économiste et auteur d’une étude sur le pouvoir d’achat en zone euro, le risque d’inflation "n’est pas clair du tout".
De plus, un coup de pouce sur la fiche de paie permettrait de soutenir la consommation intérieure.
Maintenant, cette hausse significative du pouvoir d’achat via les salaires et pensions, il faut la faire vite car les salariés, les retraités et les allocataires, attendent depuis des années.
Pour Nous, ça urge, et ce n’est pas ’Trichet’ que de le rappeler !