Actus FNAS

En Finir Avec le Blocage Salarial Continuel

- 11 janvier 2008

Oui, cela fait 30 ans que ça dure.

Certes de temps en temps, et lorsque bien entendu, nous avons réussi à leur mettre une pression énorme, les pouvoirs publics et les employeurs ont dû céder quelques augmentations.

D’ailleurs, sans elles, on peut s’inquiéter de savoir où nous en serions aujourd’hui.

Car, oui, notre revenu, celui que nous tirons de notre seul travail, stagne depuis 30 ans, et ce, en raison du blocage continu de l’augmentation de nos salaires.

C’est avec des moyens d’investigation bien plus puissants que les nôtres, que l’INSEE (que l’on ne plus suspecter de parti pris syndicaliste) confirme ce malheureux constat.

Celui-ci vient de publier son étude sur les salaires en France et le bilan est sans appel.

Oui, le revenu salarial stagne depuis cette éternité. [1]

Car, derrière le faux-nez des augmentations obligées du Smic et la progression du salaire moyen, notion tellement moyenne (on mélange tout le monde ) qu’elle en était devenue virtuelle, on voit parfaitement que le revenu salarial moyen a nettement régressé.

Et même vertigineusement, lorsqu’on envisage spécialement les salariés à temps partiel, dont le pourcentage est passé de 17 % à 31 %, entre 1978 et 2005.

Cette régression salariale - et donc sociale - concerne les plus vulnérables d’entre nous, prioritairement les jeunes, les femmes, les personnes handicapées et les salariés peu qualifiés.

Comme cela se conjugue avec les différences dans le nombre de jours rémunérés annuellement et les inégalités dans le salaire journalier, le résultat est désastreux.

Et ce ne sont pas les derniers plans gouvernementaux qui auront arrangé ces choses, en 2007, bien au contraire.

Loin d’un prétendu « ressenti » des salariés inventé par ces cellules de communication bien payées par le pouvoir, c’est tout à fait justement que les salariés sont inquiets de la montée de la précarité et de la faiblesse de leur pouvoir d’achat.

Le temps est donc venu pour le gouvernement de sortir de sa passivité ainsi que pour le patronat et ses actionnaires profiteurs, d’apporter des vraies solutions durables à la situation particulièrement dégradée que nous connaissons.

Le gouvernement doit maintenant cesser de tergiverser et vite montre l’exemple, en revalorisant nettement le point fonction publique, puis il doit donner suite à son engagement de conditionner tous les allègements de cotisations patronales à des accords nationaux d’augmentation des salaires.

D’autant, qu’avec la spéculation sur les prix des matières premières et des carburants, l’actuelle folle hausse des prix est partie pour s’amplifier.

Partant, nous continuerons de nous appauvrir si nous n’arrachons pas par la mobilisation, les augmentations substantielles des points conventionnels.

Ceci sans oublier le SMIC, car ce dernier est bien actuellement le moteur de l’évolution de l’ensemble des salaires, le rapport de l’INSEE en atteste également.

La FNAS F-O affirme, pour ce qui concerne sa compétence dans ses secteurs d’activités, que ce sont tous les salaires des personnels de l’action sociale et médicosociale qui doivent être immédiatement et fortement augmentés.

Puis, le dialogue dit social devra donner lieu à de véritables et régulières négociations salariales sur l’ensemble des grilles de salaires, et ce, dans toutes nos branches.

Raison de plus pour répondre massivement à l’Appel Fédéral à la mobilisation pour le 24 janvier prochain (PDF à télécharger ci-contre).


[1] La notion de revenu salarial correspond à l’ensemble des revenus perçus au cours d’une année donnée provenant directement d’une activité salariée, prend en compte la situation de l’ensemble des salariés, secteur public et secteur privé quelles que soient leurs conditions d’emploi, travail à temps complet ou à temps partiel, et tient compte à la fois du salaire et de la durée de travail.

Télécharger Tract Appel Action 24.01.08 (PDF) : Cliquez ICI

Ils ont Licencié Plus
-  Dans la rubrique « Flanquez-moi tout ça à la porte », signalons quelques remarquables exemples de « réductions d’effectifs », toujours entre 2002 et 2006 : Alcatel Lucent : 50 %, Air Liquide SA : 48,7 %, Total SA : 29,50 %, Arcelor Mittal : 28,60 %, Essilor Intl : 24,80 %, etc. Ce sera autant de cotisations en moins pour la Sécu, donc pour notre santé et nos retraites.

Ils Ont Gagné Plus
-  Rassemblant 1 508 437 salariés, les entreprises du CAC 40 ont réalisé en 2006, des profits s’élevant à 95.742 millions d’euros, soit une augmentation de 1 494,10% entre 2002 et 2006. Relevons, dans ce brillant palmarès, Total SA : 12 590 000 € (+111,9%), BNP-Paribas : 7 308 000 € (+158,20%), Sanofi-Aventis SA : 7 040 000 € (+93,70%), EDF : 5 605 000 € (+1 065,30%), Arcelor Mittal : 6 349 000 € (+2 370,40%), etc.

Emploi : Miracle ou Mirage ?
-  Le chômage baisse pourtant… l’emploi ne va pas mieux ! C’est avec cette formule que notre Confédération a commenté les améliorations statistiques des chiffres de l’emploi dont se targue les pouvoirs publics. La conjoncture résulte essentiellement de la courbe démographique annoncée depuis quelques temps déjà.

Budget des salariés
-  Dans une étude sur la consommation des ménages en 2005, parue le 4 août, l’INSEE constate que les ménages français consacrent une part de plus en plus importante de leur budget au poste logement (24,7%), du fait de la hausse des loyers et de la diminution des aides publiques, et aux transports (14,9%). Il est à noter également, selon l'INSEE, que la consommation des ménages en volume a augmenté de 2,1% en 2005,tandis que leur pouvoir d’achat n’a progressé que de 1,1%, et que la hausse des prix s’est stabilisée à + 2 %.

Chômage et emploi
-  Depuis plusieurs mois l’annonce et la publication des chiffres du chômage provoquent, de la part du gouvernement, une communication euphorique, pas toujours en adéquation avec la réalité. Certes, la « cosmétique statistique » des chiffres est un artefact bien tentant pour ceux qui gouvernent. En fait, la baisse des chiffres du chômage résulte plus, des radiations multipliées et des effets de l’évolution démographique (150000 départs en retraite de plus qu’en 2004 et plus de 100000 emplois aidés supplémentaires) que d’une véritable reprise économique.

Très chère électricité
-  L’entreprise EDF, en dépit de résultats financiers mirobolants, persiste à augmenter sans cesse, ses tarifs. Tout le monde s'est pourtant indigné de l'extraordinaire augmentation du prix de l'électricité, sur le marché libre et donc spéculatif. Tout le monde, sauf le patron actuel d'EDF, Pierre Gadonneix. Lequel n'a pas craint de déclarer, pour s'en féliciter : "Peu à peu, les tarifs d'électricité réglementés par les pouvoirs publics vont se rapprocher des prix du marché". Comprenons qu'ils vont flamber, eux aussi ... Ouf, on a failli être contents !

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