Oui, cela fait 30 ans que ça dure.
Certes de temps en temps, et lorsque bien entendu, nous avons réussi à leur mettre une pression énorme, les pouvoirs publics et les employeurs ont dû céder quelques augmentations.
D’ailleurs, sans elles, on peut s’inquiéter de savoir où nous en serions aujourd’hui.
Car, oui, notre revenu, celui que nous tirons de notre seul travail, stagne depuis 30 ans, et ce, en raison du blocage continu de l’augmentation de nos salaires.
C’est avec des moyens d’investigation bien plus puissants que les nôtres, que l’INSEE (que l’on ne plus suspecter de parti pris syndicaliste) confirme ce malheureux constat.
Celui-ci vient de publier son étude sur les salaires en France et le bilan est sans appel.
Oui, le revenu salarial stagne depuis cette éternité. [1]
Car, derrière le faux-nez des augmentations obligées du Smic et la progression du salaire moyen, notion tellement moyenne (on mélange tout le monde ) qu’elle en était devenue virtuelle, on voit parfaitement que le revenu salarial moyen a nettement régressé.
Et même vertigineusement, lorsqu’on envisage spécialement les salariés à temps partiel, dont le pourcentage est passé de 17 % à 31 %, entre 1978 et 2005.
Cette régression salariale - et donc sociale - concerne les plus vulnérables d’entre nous, prioritairement les jeunes, les femmes, les personnes handicapées et les salariés peu qualifiés.
Comme cela se conjugue avec les différences dans le nombre de jours rémunérés annuellement et les inégalités dans le salaire journalier, le résultat est désastreux.
Et ce ne sont pas les derniers plans gouvernementaux qui auront arrangé ces choses, en 2007, bien au contraire.
Loin d’un prétendu « ressenti » des salariés inventé par ces cellules de communication bien payées par le pouvoir, c’est tout à fait justement que les salariés sont inquiets de la montée de la précarité et de la faiblesse de leur pouvoir d’achat.
Le temps est donc venu pour le gouvernement de sortir de sa passivité ainsi que pour le patronat et ses actionnaires profiteurs, d’apporter des vraies solutions durables à la situation particulièrement dégradée que nous connaissons.
Le gouvernement doit maintenant cesser de tergiverser et vite montre l’exemple, en revalorisant nettement le point fonction publique, puis il doit donner suite à son engagement de conditionner tous les allègements de cotisations patronales à des accords nationaux d’augmentation des salaires.
D’autant, qu’avec la spéculation sur les prix des matières premières et des carburants, l’actuelle folle hausse des prix est partie pour s’amplifier.
Partant, nous continuerons de nous appauvrir si nous n’arrachons pas par la mobilisation, les augmentations substantielles des points conventionnels.
Ceci sans oublier le SMIC, car ce dernier est bien actuellement le moteur de l’évolution de l’ensemble des salaires, le rapport de l’INSEE en atteste également.
La FNAS F-O affirme, pour ce qui concerne sa compétence dans ses secteurs d’activités, que ce sont tous les salaires des personnels de l’action sociale et médicosociale qui doivent être immédiatement et fortement augmentés.
Puis, le dialogue dit social devra donner lieu à de véritables et régulières négociations salariales sur l’ensemble des grilles de salaires, et ce, dans toutes nos branches.
Raison de plus pour répondre massivement à l’Appel Fédéral à la mobilisation pour le 24 janvier prochain (PDF à télécharger ci-contre).