Pour situer la tonalité de cette intervention, nous citerons la petite phrase sur le Dialogue social à la sauce Fillon :
« La nécessité de la concertation et de la négociation ne peut pas se substituer à la nécessité d’agir. »
Dit comme cela, on sait à quoi s’en tenir. Le Père Noel n’est pas de saison.
Hormis ce qui est déjà en route (Contrat unique, Loi anti-grève, Heures sup, Bouclier fiscal, Neutralisation conditionnelle des intérêts d’emprunts immobilier, etc.) le n°2 de la République a fait lecture de son catalogue (des revendications de l’UMP ?) aux députés assis en 1/2 cercle.
Sur la Démocratie électorale :
Scrutin proportionnel,
Révision de la carte des circonscriptions électorales,
Modification de l’article 18 de la Constitution pour
permettre au Président de venir s’exprimer à l’assemblée.
Sur les Syndicats :
Représentativité des organisations syndicales qui reposera sur un critère d’audience parmi les salariés.
On ne dira pas merci à l’Unsa, à Sud, ni à la FSU. Beau bazar et jeux de dupes, en perspective.
Sur la Recherche et la Fac :
Réforme sur l’Autonomie des universités.
Annonce de 5 milliards d’€uros d’ici à 2012.
Sur l’école :
Annonce que le dispositif de soutien scolaire sera en place dans tous les collèges d’ici à 2011.
Sur la gratuité des musées :
Expérimentation conduite à Paris et en province.
Annonce la création d’un passeport culturel pour les jeunes.
Sur le réchauffement climatique :
Création d’une €uro-vignette pour les poids lourds,
Mise en place d’une fiscalité écologique.
Sur l’Europe :
Traité simplifié.
Sur la discrimination :
Lancement d’un plan respect et égalité des chances dans les quartiers difficiles.
Soutien aux internats de réussite éducative.
Sur l’immobilier :
500.000 nouveaux logements construits par an dont 120.000 logements sociaux.
Mise en place d’un système de caution publique
Objectif de 40.000 accessions à la propriété par an.
Sur l’immigration, l’insécurité et la justice :
Pas d’innovation sur l’immigration par rapport au plan annoncé, donc :
Peines plancher,
Pas d’excuse de minorité pour les mineurs,
Réforme de la carte judiciaire...
Sur le chômage :
> Taux d’emploi visé à 5%, dénommé « Plein emploi » à la fin du quinquennat,
> Fusion Anpe/Unedic.
Economie, Fiscalité :
M. Fillon est passé en vitesse (pas avec l’Audi qu’il a cassée en inaugurant les 24 heures du Mans) sur le paquet-cadeau-fiscal, de Sarkozy aux déjà plus riches...
Réservation d’une part des marchés publics aux PME françaises.
Sur la TVA sociale :
Débat puis décision, sur un « complément différent au financement de la solidarité nationale. »
Retraite/assurance-maladie :
Réforme des régimes spéciaux des retraites,
41 ans de cotisations validées pour avoir une retraite pleine en 2012,
Mise en place de franchises, fractionnées avec un plafond annuel par personne.
Fonctionnaires :
Non-remplacement d’un Fonctionnaire sur deux.
Bon voilà, avec cette médecine-là, tout va aller mieux dans le Pays et pour Nous Tous. C’est garanti sur facture ?
Première réaction de Force Ouvrière
Pour le bureau confédéral de Force Ouvrière, au plan économique et social, le discours du Premier Ministre s’apparente à un îlot de keynésianisme dans un océan de libéralisme.
En terme de méthode, le Premier Ministre n’accorde qu’une place mineure à la négociation, puisqu’il fixe les objectifs, le calendrier et les résultats des négociations à venir.
Pour Force Ouvrière, il est exclu que la liberté de négociation soit remise en cause : c’est une question de démocratie.
Par ailleurs, on ne peut pas faire référence à la République et à son universalité en plaidant pour une décentralisation accentuée des négociations, source de balkanisation sociale.
Sur nombre d’annonces (fusion UNEDIC/ANPE - objectif de 41 ans de travail pour la retraite en 2012 - régimes spéciaux - franchises maladie - service minimum - contrat unique de travail), Force Ouvrière est en désaccord.
Il en est de même pour la vision comptable de la fonction publique qui relève d’une vieille attitude. Sur ce point, Force Ouvrière réclame depuis plus de trois ans un vrai débat sur la place et le rôle des services publics dans la République.
Aujourd’hui, face aux intentions gouvernementales, c’est un vrai bouclier social qui est nécessaire.
Paris, le 3 juillet 2007