Actus FNAS

L’Inserm fait un Mea-Culpa.

- 19 février 2007

Le porte parole de l’Inserm a annoncé que les méthodes de travail des expertises Inserm dans le domaine psychique seront prochainement revues.

Il y aura, notamment, prise en compte de la diversité des approches épistémologiques et pratiques, comme de l’expérience des acteurs de terrain et de l’apport des sciences humaines et sociales concernées par les problématiques considérées.

"La multidisciplinarité est une condition d’une démarche éthique et scientifique", a considéré M. J-C Ameisen, président du comité d’éthique de l’Inserm.

M. J-M Danion, professeur de psychiatrie à Strasbourg, directeur de l’unité Inserm 666 et porte parole de l’Institut, précise même : "Désormais lorsqu’une expertise aura de fortes implications sociétales, comme celle-là, (études INSERM sur les trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent), nous demanderons aux professionnels de terrain de nous faire des propositions sur les noms d’experts à consulter. Puis, à l’issue de ce travail, mais avant sa publication, nos interlocuteurs y auront à nouveau accès, afin de ne pas donner l’impression d’un texte détenteur d’une réalité intangible.Il nous faut également rejeter toute approche sécuritaire, en étant d’une vigilance sans faille vis-à-vis des risques de récupération politique".

Commentaire FO :

C’est facile de se "repentir" maintenant que le mal est fait et de réinventer à postériori, les sages évidences méthodologiques qui s’imposaient.

On n’ose penser à ce qui ce serait passé si la résistance ne s’était pas organisée [1].

Certes, nous nous félicitons de la prise de conscience tardive de l’inserm, en espérant qu’elle est sincère et non opportuniste.

Car entretemps, le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences et de la vie et de la santé (CCNE), saisi en avril 2006 par "Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans", a rendu public, un avis (n° 95 sur les "problèmes éthiques posés par des démarches de prédiction fondées sur la détection de troubles précoces du comportement chez l’enfant") où cet organisme déclare ne pas pouvoir "approuver une volonté d’inscrire la médecine préventive dans le champ de la répression, car cela conduit à considérer l’enfant comme un danger et le fait passer de facto du statut de victime à celui de présumé coupable".

Voilà un rappel à l’ordre bien utile et éclairé.

Il n’empêche que la loi sur la réforme de la protection de l’enfance du ministre BAS et celle sur la prévention de la délinquance du ministre candidat de l’intérieur (en cours d’adoption au Sénat), se sont largement fondés sur l’étude-alibi de l’Inserm, contestable et (suite à sa récente confession), valablement contestée.

Ces deux lois vont modifier le code de la santé publique, de l’action sociale et des familles, ainsi que le code pénal, dans le sens sécuritaire, en justifiant (donc à tort) de la détection précoce des troubles des conduites chez l’enfant dès le plus jeune âge.

Dans la loi de protection de l’enfance, il est toujours prévu un renforcement des mesures de détection précoce, ceci dès le 4ème mois pour les femmes enceintes et dès la sortie de la maternité, accompagné d’un renforcement des actions de prévention médico-sociale en faveur des enfants de moins de 6 ans, le tout organisé dans la perspective d’un renforcement de la répression contre les jeunes.

Et dans la loi de prévention de la délinquance, c’est le principe de minorité (d’âge) qui sera remis en cause, et alors que certaines peines pour les mineurs sont majorées.

Du rapport de l’Inserm, aujourd’hui renié, à ces deux lois autoritaristes, le présent comme l’avenir des Jeunes a été très mal engagé.


[1] "Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans", revendique à ce jour plus de 190 000 signatures de soutien

Ils ont Licencié Plus
-  Dans la rubrique « Flanquez-moi tout ça à la porte », signalons quelques remarquables exemples de « réductions d’effectifs », toujours entre 2002 et 2006 : Alcatel Lucent : 50 %, Air Liquide SA : 48,7 %, Total SA : 29,50 %, Arcelor Mittal : 28,60 %, Essilor Intl : 24,80 %, etc. Ce sera autant de cotisations en moins pour la Sécu, donc pour notre santé et nos retraites.

Ils Ont Gagné Plus
-  Rassemblant 1 508 437 salariés, les entreprises du CAC 40 ont réalisé en 2006, des profits s’élevant à 95.742 millions d’euros, soit une augmentation de 1 494,10% entre 2002 et 2006. Relevons, dans ce brillant palmarès, Total SA : 12 590 000 € (+111,9%), BNP-Paribas : 7 308 000 € (+158,20%), Sanofi-Aventis SA : 7 040 000 € (+93,70%), EDF : 5 605 000 € (+1 065,30%), Arcelor Mittal : 6 349 000 € (+2 370,40%), etc.

Emploi : Miracle ou Mirage ?
-  Le chômage baisse pourtant… l’emploi ne va pas mieux ! C’est avec cette formule que notre Confédération a commenté les améliorations statistiques des chiffres de l’emploi dont se targue les pouvoirs publics. La conjoncture résulte essentiellement de la courbe démographique annoncée depuis quelques temps déjà.

Budget des salariés
-  Dans une étude sur la consommation des ménages en 2005, parue le 4 août, l’INSEE constate que les ménages français consacrent une part de plus en plus importante de leur budget au poste logement (24,7%), du fait de la hausse des loyers et de la diminution des aides publiques, et aux transports (14,9%). Il est à noter également, selon l'INSEE, que la consommation des ménages en volume a augmenté de 2,1% en 2005,tandis que leur pouvoir d’achat n’a progressé que de 1,1%, et que la hausse des prix s’est stabilisée à + 2 %.

Chômage et emploi
-  Depuis plusieurs mois l’annonce et la publication des chiffres du chômage provoquent, de la part du gouvernement, une communication euphorique, pas toujours en adéquation avec la réalité. Certes, la « cosmétique statistique » des chiffres est un artefact bien tentant pour ceux qui gouvernent. En fait, la baisse des chiffres du chômage résulte plus, des radiations multipliées et des effets de l’évolution démographique (150000 départs en retraite de plus qu’en 2004 et plus de 100000 emplois aidés supplémentaires) que d’une véritable reprise économique.

Très chère électricité
-  L’entreprise EDF, en dépit de résultats financiers mirobolants, persiste à augmenter sans cesse, ses tarifs. Tout le monde s'est pourtant indigné de l'extraordinaire augmentation du prix de l'électricité, sur le marché libre et donc spéculatif. Tout le monde, sauf le patron actuel d'EDF, Pierre Gadonneix. Lequel n'a pas craint de déclarer, pour s'en féliciter : "Peu à peu, les tarifs d'électricité réglementés par les pouvoirs publics vont se rapprocher des prix du marché". Comprenons qu'ils vont flamber, eux aussi ... Ouf, on a failli être contents !

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